Journée nationale des Madan Sara : le RAMSA honore la bravoure de ces héroïnes de l’économie
Le Rassemblement des Madan Sara d’Haïti a célébré, le vendredi 3 avril 2026, la Journée nationale des Madan Sara. Cette activité majeure a mis en lumière la réalité préoccupante de ces femmes commerçantes, aujourd’hui en première ligne face à l’insécurité.
Réunies autour du thème « Estriktire ak Valorize Madan Sara yo, pou ranfòse Komès Nasyonal la », des représentantes venues de différents départements ont dressé un constat sans détour : un secteur profondément fragilisé, mais toujours indispensable à la survie économique du pays.
La représentante du RAMSA de Kenscoff a livré un témoignage poignant sur l’impact de l’insécurité dans sa commune. Elle a lancé un appel pressant aux autorités afin que des mesures concrètes soient prises pour redonner à Kenscoff son identité d’antan et lui permettre de retrouver ses lettres de noblesse.
Malgré les dangers, les Madan Sara continuent de faire vivre le commerce national. Véritables piliers de l’économie informelle, elles assurent l’approvisionnement des marchés et maintiennent le lien entre les régions, souvent au péril de leur vie.
Le recteur de l’Université Quisqueya, Jacky Lumarque, a qualifié cette journée de « manifestation de résistance ». Il a salué le courage exceptionnel de ces femmes, tout en soulignant leur contribution essentielle à la croissance économique du pays.
Prenant la parole, la conseillère électorale Yves Marie Edouard a insisté sur la portée symbolique du 3 avril, un droit acquis depuis 1986. Quarante ans plus tard, elle estime que les avancées restent insuffisantes. « Il n’y a pas de démocratie sans les femmes », a-t-elle rappelé avec force, promettant de défendre leurs droits au sein du Conseil Électoral Provisoire.
De son côté, la coordonnatrice nationale du Rassemblement des Madan Sara d’Haïti, Jocelyne Jean Louis, a dressé une véritable radiographie des conditions de vie et de travail de ces commerçantes. Elle a également annoncé une initiative ambitieuse : la mise en place d’un marché international en France, afin de valoriser leurs produits au-delà des frontières.
Parmi les revendications prioritaires figure la réouverture des tronçons de routes actuellement contrôlés par des groupes armés, condition indispensable à la relance des activités commerciales et à la libre circulation des marchandises.
Enfin, la représentante d’ONU Femmes, Marie Goretti Nduwayo, a adressé un message d’espoir à ces femmes courageuses. Elle a souligné leur rôle incontournable dans la croissance économique du pays et leur contribution essentielle à la cohésion sociale.
Face à l’adversité, les Madan Sara restent debout. Leur combat dépasse le commerce : il incarne la résilience d’un peuple et nourrit l’espoir d’un avenir plus stable, plus juste et plus humain.









